(09/03/2017-14:46:58)jsilvestre a écrit : JM Plantefeve a écrit :Voilà qui me rappelle une conversation téléphonique avec Gérard Perrot (il y a... 20 ans !?) à propos d'un moyen détourné pour contrer la distorsion thermique des transistors : le montage cascode.
Réduction de la tension Vce au transistor modulant, donc réduction de la puissance dissipée et donc diminution de la gigue en température. A la façon de Doug pour sa résistance de contre-réaction.
Détourné car souvent le cascode est mis en place pour éviter l'effet Miller réducteur de bande passante. Et on a souvent lu : amplis rapides = amplis musicaux. Et si ce n'était pas dû à la rapidité ? (un sinus de 20kHz à 40W, ce n'est que 3.14V/µs). Mais à la distorsion thermique réduite ?
Forr :
"Pour éradiquer cette distorsion (pas bien grosse quand même, il faut le reconnaître) ..."
Permets-moi de recopier un de mes écrits de début de fil :
je ne serais pas surpris qu'une fois analysée sur burst plutôt que sur sinus permanent, la distorsion d'enveloppe dépasse le 1%. Entendues les différences (subjectives ?) entre amplificateurs
Bien à vous, Jean-Marc.
Bonjour Jean-Marc
A mon avis il ne faut pas s'attendre à trouver des valeurs de distorsions aussi élevées. D'abord parce que si c'était le cas elle aurait déjà été mesurée depuis belle lurette et aussi parce qu'il faudrait tordre le cou au principe même de la contre réaction.
Toujours à mon avis il ne faut pas se focaliser sur l'aspect thermique de la distorsion thermique. Ce n'est qu'un cas particulier d'un phénomène plus global. A la racine on trouve une mauvaise interprétation de la théorie d'un système bouclé. L'efficacité de la contre réaction sur les non linéarités d'un étage est fonction du gain de l'étage précédent, donc elle ne peut rien pour l'étage d'entrée puisque par définition il n'y a pas d'étage avec du gain avant lui.
La fonction de transfert d'un semi conducteur dépend de la tension à ses bornes, du courant le traversant et de sa température. Ces valeurs déterminent un point de fonctionnement. En présence de musique ces valeurs évoluent dans le temps et le point de fonctionnement se déplace le long d'une courbe plus ou moins sinueuse.
Le gain de la boucle en réduisant l'amplitude du signal que doit gérer l'étage d'entrée réduit l'amplitude du déplacement du point de fonctionnement sur la courbe et donc ses non linéarités, un petit déplacement sur une courbe peut être assimilé à une droite.
L'idéal serait atteint avec un gain de boucle infini, le déplacement serait nul et la linéarité absolue. Mais l'infini et l'absolu n'étant définitivement pas pour nous, il nous faut se contenter d'un petit déplacement et d'une fonction de transfert quasi-linéaire dans une zone autour de ce point.
La musique n'est pas seule à déplacer ce point, les variations des tensions d'alimentations, des courants de polarisations, de la température le font aussi. Etant extérieures elles ne sont pas réduites par le gain de la boucle et arrive le moment où le déplacement qu'elles engendre devient supérieur à celui induit par la musique. La fonction de transfert évolue continuellement au rythme des variations extérieures en passant d'une zone de quasi-linéarité à une autre zone d'une autre quasi-linéarité. L'oreille s'adapte et rejette facilement une distorsion stable mais n'aime pas du tout une distorsion continuellement variable.
On peut, comme certains le font rejeter complètement la contre réaction, l'employer à petite dose ou bien faire en sorte que l'étage d'entrée soit d'une linéarité absolue et inconditionnelle quoi qu'il arrive.
C'est l'approche de Gérard Perrot avec une contre réaction locale sur l'étage d'entrée et une structure d'ampli limitant les injections de variations externes. C'était un premier pas, il est possible d'aller bien plus loin. J'en suis à un gain de boucle de 280dB et des variations extérieures limitées au bruit propre des composants, des nV et pA...
J'ai quelques mesures de phénomènes internes évoluants dans les nV/Hz donc totalement invisible à quelle que mesure ce soit effectuée en sortie de l'ampli mais bien audibles. Et d'autre définitivement non mesurables comme par exemple l'influence sur le rendu d'un condensateur de filtrage de la référence d'une alimentation. Essayé plusieurs technos, mkt mks polypro métallisé, à film métallique, papier huilé pour finir par un pet russe. Cités dans l'ordre de rendu sonore avec une nette préférence pour le dernier. Je n'ai même pas tenté d'entreprendre la moindre mesure, la tension est continue, complètement stable c'est une référence. Accessible à l'oreille uniquement!
Joël
Ici même des discussions très abouties ont déjà eu lieu et je trouve que ce message est un excellent compromis .
Honnêtement en toute bonne foi on ne peut pas nier la pertinence des travaux de Jacques Perrot, quasi tout le monde reconnait maintenant l'existence d'une forme de distorsion thermique potentielle des transistors . Ce n'est pas lui qui l'a découverte , on voit bien que par intuition des concepteurs l'on combattue dans leur schéma sans l'avoir forcément caractérisée et mise en lumière comme Héphaistos. Hors audio elle était déjà combattue bien avant dans l'instrumentation de mesure de précision. Elle l'est toujours dans la conception des AOP.
C'est bien Héphaistos par ses brevets qui l'a démontrée et caractérisée.
Héphaistos n'était pas anti contre-réaction, il a juste mis en lumière les méfaits si mal utilisée et c'est pourtant encore d'actualité si on nie la possibilité de distorsion thermique , si on n'a pas compris ce que voulait dire Mr Perrot. Il n'était pas non plus anti mesure de THD, il insistait sur l'erreur de ne penser qu'en terme de THD , nous en avons la preuve et bien des auditeurs le savent déjà depuis longtemps.
C'est toujours d'actualité.
Nous ferions mieux de nous consacrer aux mesures alternatives qui existent , de comprendre comment fonctionne l'audition pour détecter des erreurs de fonctionnement que la THD ne détecte pas, d'avantage nous fier à notre audition pour évaluer, inventer des nouvelles manières de mesurer différentes formes de distorsion.