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Renardson MJR7-MK5 - Version imprimable

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RE: Renardson MJR7-MK5 - forr - 11/11/2017

brunop a écrit :Un ami est passé chez moi dernièrement afin que je lui passe au banc Préampli/Ampli de marque SHINDO. On va pas se cacher: mesures minables, signal carré pas carré du tout, je vous dis pas à 20 Khz. Bande passante moyenne, résonnances diverses. A l'écoute : une petite merveille de silence et de qualité.
Comme quoi les mesures n'expliquent pas tout.
Les mesures électroniques expliquent que la préférence a été donné à un amplificateur pas très fidèle objectivement parlant.
Il appartient à une autre branche des sciences que l'électronique (de tenter) d'expliquer les perceptions de l'auditeur.

Patrick a écrit :Héhé! Comme quoi faut écouter!!!
Après tout un audiophile ça écoute. Que ce soit un domaine subjectif c'est évident, mais là est le plaisir.
Fidélité objective ou subjective, peu importe. Le plaisir avant tout. Mais il ne s'entrevoit pas de façon identique pour tous.


RE: Renardson MJR7-MK5 - JM Plantefeve - 11/11/2017

xn,

savez vous seulement ce que vous voulez mesurer
Pour ma part, je pensais avoir été clair : la distorsion d'enveloppe. Jacques et Jean-Yves sont j'ai l'impression au même diapason.

En régime transitoire continu (la musique...), je pense qu'il ne faut pas en rester à une mesure de distorsion harmonique stabilisée, mais passer à un calcul de décomposition harmonique sur une forme de burst, période par période. Mathématiquement, c'est possible, informatiquement aussi j'imagine. Le rapport de test pourrait être une représentation 3D : niveau de distorsion en y, numéro de période en x et rang harmonique en z (dont la composante DC).

Au fil de l'enveloppe, une façon de révéler la distorsion thermique des transistors ? A laquelle j'associerais bien la distorsion mémoire des isolants (et donc des condensateurs sur le signal), voire la distorsion de gigue liée aux variations de la tension d'alimentation suivant la modulation musicale.
Trois distorsions d'enveloppe ? La "DET" dans les prochains compte-rendus de mesure ?



RE: Renardson MJR7-MK5 - JM Plantefeve - 11/11/2017

Bonjour Bruno,

On va pas se cacher: mesures minables, signal carré pas carré du tout, je vous dis pas à 20 Khz. Bande passante moyenne, résonnances diverses.
A l'écoute : une petite merveille de silence et de qualité.


Pour quelqu'un qui s'amuse à concevoir des amplificateurs audio(philes), voilà un exemple de plus qui persuade que d'autres mesures, plus significatives des résultats probables à l'écoute, pourraient guider la conception autrement.

L'écoute de musiques enregistrées passe par un traitement de signal électrique, signal d'évolution finalement bien lente à l'échelle électronique. Le centième de seconde plutôt que la micro-seconde. D'où l'idée précédemment exposée d'une mesure qui s'intéresse autant voire davantage à l'enveloppe qu'au signal instantané. Des amplificateurs très rapides et à distorsions harmoniques moyennées faibles, se révéleraient (?) psycho-acoustiquement moins bons que des amplificateurs lents et peu linéaires mais respectant, voire sublimant, l'enveloppe.

[Image: selftraining_audio_guality_04_figure_413.jpg]

Bien à toi, Jean-Marc.


RE: Renardson MJR7-MK5 - qui? - 11/11/2017

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RE: Renardson MJR7-MK5 - jsilvestre - 11/11/2017

Bonjour xn

xn a écrit :J'entends bien, mais avant de penser "solutions" sans savoir comment exploiter le résultat, il faudrait avant tout penser "protocole" et définir comment exploiter les résultats.
Du temps-fréquence, il y a plein de manière de le faire. La FFT glissante comme vous l'envisagez est la moins pertinente car elle donne une résolution fréquentielle fixe, fixée par la taille de fenêtre d'analyse (on résout bien les hautes fréquences et mal les basses fréquences). Un Wigner-Ville est bien plus efficace car sa résolution fréquentielle est fonction des bandes de fréquences analysées (sa résolution est proportionnelle aux fréquences, on a donc une meilleure résolution relative temporelle et fréquentielle). Il y a aussi les ondelettes qui sont performantes, on ne travaille plus en fréquences (la projection ne se fait plus sur un espace d'exponentielles complexes orthogonal), mais dans un espace qu'on peut assimiler à des bandes de fréquences. L'avantage étant aussi qu'on peut adapter les ondelettes aux caractéristiques recherchées.
Mais quant on a dit tout ça, qu'est-ce qu'on va rechercher dans le résultat ? On compare le résultat par rapport à quoi ?

déjà expliqué plusieurs mais si il le faut une nouvelle fois, un train d'onde, mesure et affichage du contenu harmonique de chaque alternance dans le but de voir si le contenu harmonique évolue dynamiquement en fonction événements internes ou externes.
Pas besoin de faire compliqué, des fft basiques suffisent, la résolution fréquentielle nécessaire est sommaire uniquement les harmoniques.

Citation :Pour vous amener à réfléchir : la mesure de distorsion harmonique est clairement définie : on injecte un sinus pur, dont on sait qu'il ne possède aucune harmonique. On regarde la sortie ; toute harmonique qui apparaît est une distorsion qu'on chiffre par un pourcentage par rapport au fondamental.
Idem pour la distorsion d'intermodulation : on injecte deux sinus correspondant à 2 raies pures et rien d'autre. En sortie, tout ce qui apparaît en dehors de ces raies, ou si le niveau de ces raies change, est de la distorsion.
Dans ces deux cas, la bande passante du signal injecté est largement dans la bande passante de l'ampli, donc pas de risques de modification du signal de sortie par un filtrage lié à la bande de l'ampli, qui serait normale et pourtant vue comme une modification de spectre. Dans les deux cas, les caractéristiques du signal en sortie d'un ampli idéal sont parfaitement connues, donc le résultat en sortie d'ampli réel est directement interprétable...

Une fois l'ampli branché sur des HP dont les distorsions sont 10, 100, 1000,..., fois plus importantes comment interprèter le résultat mesuré en sortie d'ampli?

Joël


RE: Renardson MJR7-MK5 - jsilvestre - 11/11/2017

jys a écrit :Bon Esprit, on est en 2017 avec quelques convictions auditives expérimentales prouvant qu'un système linéaire n'est pas forcément bon à écouter.
Quid des mesures ? elles font la preuve que la connaissance (équations basées sur des modèles) est basique pour ne pas dire n'importe quoi.
Dans le genre méthode traditionnelle/vivante, nous autres béotiens diplômés (ou pas) agitons l'idée que l'utilisation de "sons" bien connus et appréciés
(lorsqu'ils sont bien captés: ambiance, ampleur, finesse, filé...) est significative pour juger "à la feuille".
On peut chercher une manière de la rendre compatible (l'Ecoute) avec la mesure. Ou c'est peine perdue comme Xn et Toi le soutenez ?
cela ne m'empêchera pas de dormir tranquille avec ce que je sais (de la théorie et des mesures)
Wink

Bonjour Jean-Yves,

la carte n'est pas le territoire, Alfred Korzybski, j'aime beaucoup. AE Van Vogt aussi.
N'oublions pas qu'un schéma n'est qu'un assemblage de modèles. Un modèle ne vaut que dans le domaine ou il a été défini. Définir un condensateur par sa valeur capacitive, ses résistances et inductances séries est une approximation bien pratique pour faire des calculs mais qui ne suffit pas à décrire la réalité du condensateur. Loin s'en faut!
Et pourtant il arrive quelquefois que la réalité soit réfutée car elle ne correspond pas aux "théories" échafaudées d'après ces modèles...

La carte n'est pas le territoire, n'oublions pas!

Joël


RE: Renardson MJR7-MK5 - jsilvestre - 11/11/2017

forr a écrit :C'est du côté de l'écoute qu'il faut chercher. Rien n'interdit d'enjoliver le son en ayant la sensation que ça rend le son plus fidèle,
Mais ça n'a rien à voir avec l'électronique pour laquelle en soixante ans de recherches intenses il n'a jamais été trouvé, prouvé, de comportement différent des amplificateurs entre signaux de mesures et signaux musicaux.
Il est assez curieux de voir que ceux qui ne font pas mystère de leur légèreté en électronique se montrent si agités sur la question du son des amplificateurs et vont jusqu'à souhaiter l'invention de nouvelles procédures tout en étant incapables d'en émettre un concept de base.

Bonjour Forr,

je suis d'accord, l'explication est à chercher du coté de l'audition. Mais pas comme tu le présente. Toujours la même histoire, la distorsion des HP est bien plus importante que celle des amplis. Si ajouter de la distorsion pouvait enjoliver le son d'un ampli alors tous les amplis seraient égaux de par la distorsion des HP.

Sans oublier qu'avec le numérique il est trop facile d'ajouter les harmoniques que l'on veut dans la quantité que l'on veut quand on veut comme on veut. Un bout de logiciel de rien du tout. As-tu déjà vu ce genre de chose en audiophilie? Et pourquoi?
Imagine, un ampli métrologiquement irréprochable, un bout de logiciel et l'audiophile choisit d'un clic de souris l'ampli de ses rêves qu'il veut écouter aujourd'hui!
Trop beau, il faut que tu l'invente!

Pour t'inspirer, dans l'audio pro il existe des effets sous forme de plugins simulant la distorsion d'une lampe. Facile en réglant sur son chaud la lampe rougit, moins chaud moins rouge, logique.

Par contre si on accepte l'idée qu'un ampli peut ajouter des déformations désagréables à l'écoute, qu'il existe des déformations désagréables et des déformations pas désagréables alors la situation s'éclaircit.
Pour qu'un ampli soit agréable à l'écoute il faut et il suffit qu'il ne génère pas (trop) de distorsions désagréables.
La quantité de distorsions pas désagréables n'est pas très importante, les HP en génèrent déjà beaucoup.

Maintenant reste à trouver ce que sont ces distorsions désagréables, d'où viennent elles, comment interviennent elles, pourquoi échappent elles aux mesures et pour le pompon comment les mesurer!

Un peu avant j'ai relaté une anecdote au sujet d'un grain de riz grésillant sur une membrane. Un analyseur de spectre montre une légère remontée de bruit dans une zone de fréquence, l'oreille ressent une gêne majeure. A mon sens c'est déjà un début de piste. Sûr il reste du chemin!
J'en ai parcouru un petit bout, pour moi c'est plus aucun doute quant aux distorsions désagréables. Mais j'ai abandonné l'espoir de les attraper par la mesure, trop ténues et trop masquées par les autres. Et pourtant elles sont là!

Joël


RE: Renardson MJR7-MK5 - forr - 11/11/2017

Bonjour Narshorn,
narshorn a écrit :[Image: 959971fig11distortionspectrumvsloopfeedback.png]

Il y a certainement de (bonnes) conclusions à en tirer.

La conclusion à en tirer est donnée par le graphe, universellement connu aujourd'hui de Baxandall (attribué à Linsley-Hood à tort par Pass, il est curieux que dix ans après la publication de ce texte, ça ne soit pas corrigé) dans son étude incontournable :https://linearaudio.net/books/2219.

[Image: fig_10_distortion_spectrum_vs_feedback.png]

A 15 dB de contre-réaction, on voit que les 4ème, 5ème et 6ème harmonique sont plus importantes que sans contre-réaction.
Mais dans un ampli conventionnel de bonne facture présente 40 dB de contre-réaction à 10 kHz, 60 dB à 1 kHz, 80 dB à 10 kHz ?

Je reste très critique sur d'autres points du texte de Pass, notamment ce graphique :

[Image: fig_6_push-pull_class_a_vs_class_b.png]

Premier mauvais point, le circuit d'essai n'est pas montré. Ensuite à l'évidence, la polarisation du classe B n'est pas optimale. En général la remontée de la distorsion aux faibles niveaux des graphiques est due au bruit et non à la non-linéarité de croisement de l'étage de sortie.

Je ne peux que conseiller de confronter les articles sommaires de Pass avec les écrits remaquablement lisibles de ceux qui ont poussé très loin les recherches sur l'amplification.

Cdt.


RE: Renardson MJR7-MK5 - jacquese - 11/11/2017

Bonjour forr,

forr a écrit :Les mesures électroniques expliquent que la préférence a été donné à un amplificateur pas très fidèle objectivement parlant.

vis à vis du choix des mesures mises en oeuvre pour être tout fait factuel.

forr a écrit :Il appartient à une autre branche des sciences que l'électronique (de tenter) d'expliquer les perceptions de l'auditeur.

Il ne fait aucun doute qu'il serait interessant que la science puisse expliquer pourquoi on préfère cet ampli ou un autre. Mais pourquoi écarter l'électronique puisqu'un ampli c'est de l'électronique ? Franchement je ne comprends pas.


RE: Renardson MJR7-MK5 - jacquese - 11/11/2017

JM Plantefeve a écrit :xn,

savez vous seulement ce que vous voulez mesurer
Pour ma part, je pensais avoir été clair : la distorsion d'enveloppe. Jacques et Jean-Yves sont j'ai l'impression au même diapason.

Oui parfaitement en phase. Je suis intuitevement convaincu que l'enveloppe joue négativement sur des phénomène de mémoire diverses et qu'une mesure de la sensibilité d'un ampli à cette enveloppe serait une avancée très importante dans l'évaluation des systèmes audio. Indépendamment des articles de Gerard Perrot, on peut se remémorer les cours de Rinaldo Bassi parus dans la revue LED qui apportent beaucoup d'informations concrètes sur les problèmes liés à l'enveloppe du signal dans les liaisons RC inter-étage.
Les phénomène sont certainement ténus à la mesure mais je pense que Joel a parfaitement résumé par ceci :

"Pour qu'un ampli soit agréable à l'écoute il faut et il suffit qu'il ne génère pas (trop) de distorsions désagréables.
La quantité de distorsions pas désagréables n'est pas très importante, les HP en génèrent déjà beaucoup."


Et pour moi un autre sujet qui me semble très important c'est le contrôle de la transductance des enceintes.