Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
#21
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(05/05/2025-09:47:09)RM8Kinoshita a écrit : Salut Raoul,
(05/05/2025-08:45:59)raoul a écrit : Ça tourne un peu à la conversation de bistrot, avec beaucoup d'amalgame. Je vais resservir ma lecture, pour la nième fois :
-en enregistrement les artistes jouent leur partie au mieux
-à la prise de son le technicien utilise au mieux ses compétences, sauf (rare) injonction spécifique il va opérer pour le meilleur résultat
-au mixage le gars à la manette va sortir le meilleur mix qu'il peut ; ici peuvent intervenir les goûts et les envies des artistes, c'est un moment de tension possible
-vient le moment charnière où le studio laisse la main au profit du projet commercial ; le fameux mastering qui peut modifier, saccager, améliorer? le mix

La technique permet de (presque) tout faire, en analogique comme en numérique. Ce sont les compétences et les intentions qui donnent le cap et décident.

Et je ne peux m'empêcher de ressasser : faites un bon mix et vous pourrez vous passer de mastering (prendre la précaution de flinguer le directeur commercial auparavant).

En phase avec ce que tu dis, mais sans faire d'amalgame, tes propos bien que justes
ne couvrent pas les nombreux cas de remastering d'ancien supports, pour lesquels la question de Loudness War se pose souvent de façon très crue.

crdt.
Hello,

Oui c'est exactement comme cela, le reste n'est que litterature et autres fantasmes.

Bien cordialement
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#22
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(27/04/2025-15:46:15)jeanfrancoisW a écrit : Bonjour,

Le disque vinyle est un support analogique. Comment peut-il être affecté par la guerre du volume sonore (Loudness War)?
Cela se traduit par une réduction de la qualité du disque vinyle, qui est un dommage collatéral de la Loudness War.
Nous prendrons l'exemple de Purple Rain de Prince pour décrire ce phénomène. Mais commençons par regarder ce qui se passe dans les versions numériques.
La Loudness War est un phénomène lié au support numérique, qui consiste à ce que la musique devienne plus forte sur un support numérique.



Les formes d'ondes ci-dessous illustrent ce phénomène pour les éditions CD :!



Comment le vinyle peut-il être affecté par la guerre du volume sonore ?

En fait, on ne peut pas monter le volume comme on peut le faire avec le numérique, car il y a des contraintes physiques propres au support analogique. Le problème est que nous n'essayons plus de créer un master spécifique au vinyle à partir du mixage original, mais que nous utilisons le master numérique compressé en dynamique comme base pour graver le disque vinyle.

Les formes d'ondes ci-dessous montrent le disque vinyle original et le disque vinyle réalisé à partir de la version remastérisée en 2015.



On remarque que le niveau de coupe sur le disque vinyle remastérisé est inférieur de 1 dB à celui de la version originale, et surtout, on remarque un aplatissement des pics avec une plage dynamique réduite de plus de 5 dB !

Il ne s'agit pas d'un exemple isolé, mais d'un phénomène croissant. C'est également le cas pour les albums suivants : Bruce Springsteen - Born In The U.S.A., David Gilmour - Luck and Strange, Norah Jones - Visions...

Mais, comme toujours, il ne faut pas généraliser, et il existe encore des productions qui privilégient la qualité, comme le dernier REQUESTS - Tsuyoshi Yamamoto Trio LIVE, ou la production analogique, MOFI par exemple...

Vous pouvez écouter des extraits sur l'impact de la Loudness War sur le disque vinyle, ainsi que tous les détails de l'analyse ici (lien).

Bonne écoute,

Bonjour Jean-François,

la guerre du volume à débuté il y a bien longtemps, longtemps avant l'arrivée des supports numériques. Déjà les 45T de l'époque devaient jouer plus fort que ceux de la maison de disques d'en face à la radio et dans les juke box.
Déjà à l'époque la saturation d'une bande magnétique pouvait raboter les crêtes et la saturation d'un étage analogique aussi destructeur que la saturation numérique.

Sans doute aussi un effet de mode et d'habitude d'écoute un vinyle non massacré et remassacré peut paraître tout mou par rapport aux productions actuelles...

Me revient un article de l'audiophile dans le n°18 page 103 :

   

   


joël
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#23
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(04/05/2025-21:12:37)RM8Kinoshita a écrit :
(04/05/2025-18:32:06)gillesni a écrit : Si on aime, je n'ai rien contre, mais je maintiens, aucun intérêt qualitatif. 
Pourtant, j'ai essayé, et des comparaisons, j'en ai fait des paquets.
Par contre, pour les enregistrements anciens, c'est l'inverse et et les repiquages numériques sont bien souvent moins bons que les vinyles d'origine enregistrés initialement en analogique.

La faute au matériel numérique pas mature d'alors.

Les reports numériques d'aujourd'hui depuis des bandes analo originales, pour peu qu'elles soient en bon état et que les gars à l’œuvre connaissent leur affaire, 
sont sans reproche, que ce soit vers DSD comme vers PCM, grâce à leur matériel qui a bien évolué.

crdt.

Pourtant ça ne devrait pas, déjà à l'époque d'alors le SINAD du matériel numérique utilisé était bien supérieur à celui de l'analogique. L'évolution ne devrait pas être perceptible...

joël
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#24
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(05/05/2025-09:54:19)gillesni a écrit : Tout ça pour dire qu’il faudra quand même qu’on m’explique par quel miracle la lecture d’un fichier, bon ou mauvais, converti en analogique pour être gravé sur un disque, puis lu sur une platine, même de grandes qualités, puisse être aussi bon que la lecture directe de ce même fichier par un système digital. 

Bonjour Gilles,

je crois que ce n'est pas simple, le rendu sonore de la lecture d'un fichier numérique peut changer significativement entre 2 logiciels de lecture alors que les flux numériques sont identiques. Il reste des points à éclaircir sur la perception auditive...

joël
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#25
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
Bonjour Joël,

Effectivement, j’ai fait pas mal d’essais récemment, et j’ai trouvé que les différences de rendu entre les différents logiciels que j’ai essayés pouvaient être très importantes, toutes choses égales par ailleurs.
J’ai d’ailleurs déjà signalé ce fait ici.

Cependant, j’évoquais plutôt ici le fait qu’intercaler le passage par le support vinyle d’un fichier numérique  quel qu’il soit pour le lire, plutôt que de lire directement ce fichier ne me semblait pas de nature à pouvoir augmenter la qualité finale de la restitution, à minima.
Cordialement
Gilles

Mon système : de la musique, et quelques bricoles pour l'écouter...
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#26
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(05/05/2025-09:54:19)gillesni a écrit : ...
Tout ça pour dire qu’il faudra quand même qu’on m’explique par quel miracle la lecture d’un fichier, bon ou mauvais, converti en analogique pour être gravé sur un disque, puis lu sur une platine, même de grandes qualités, puisse être aussi bon que la lecture directe de ce même fichier par un système digital. 
...

peux-tu me (re)dire si la lecture de "Piuma" et "After the rain", en vinyle est moins bonne qu'en numérique ?
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#27
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(05/05/2025-21:21:18)jsilvestre a écrit :
(27/04/2025-15:46:15)jeanfrancoisW a écrit : Bonjour,

Le disque vinyle est un support analogique. Comment peut-il être affecté par la guerre du volume sonore (Loudness War)?
Cela se traduit par une réduction de la qualité du disque vinyle, qui est un dommage collatéral de la Loudness War.
Nous prendrons l'exemple de Purple Rain de Prince pour décrire ce phénomène. Mais commençons par regarder ce qui se passe dans les versions numériques.
La Loudness War est un phénomène lié au support numérique, qui consiste à ce que la musique devienne plus forte sur un support numérique.



Les formes d'ondes ci-dessous illustrent ce phénomène pour les éditions CD :!



Comment le vinyle peut-il être affecté par la guerre du volume sonore ?

En fait, on ne peut pas monter le volume comme on peut le faire avec le numérique, car il y a des contraintes physiques propres au support analogique. Le problème est que nous n'essayons plus de créer un master spécifique au vinyle à partir du mixage original, mais que nous utilisons le master numérique compressé en dynamique comme base pour graver le disque vinyle.

Les formes d'ondes ci-dessous montrent le disque vinyle original et le disque vinyle réalisé à partir de la version remastérisée en 2015.



On remarque que le niveau de coupe sur le disque vinyle remastérisé est inférieur de 1 dB à celui de la version originale, et surtout, on remarque un aplatissement des pics avec une plage dynamique réduite de plus de 5 dB !

Il ne s'agit pas d'un exemple isolé, mais d'un phénomène croissant. C'est également le cas pour les albums suivants : Bruce Springsteen - Born In The U.S.A., David Gilmour - Luck and Strange, Norah Jones - Visions...

Mais, comme toujours, il ne faut pas généraliser, et il existe encore des productions qui privilégient la qualité, comme le dernier REQUESTS - Tsuyoshi Yamamoto Trio LIVE, ou la production analogique, MOFI par exemple...

Vous pouvez écouter des extraits sur l'impact de la Loudness War sur le disque vinyle, ainsi que tous les détails de l'analyse ici (lien).

Bonne écoute,

Bonjour Jean-François,

la guerre du volume à débuté il y a bien longtemps, longtemps avant l'arrivée des supports numériques. Déjà les 45T de l'époque devaient jouer plus fort que ceux de la maison de disques d'en face à la radio et dans les juke box.
Déjà à l'époque la saturation d'une bande magnétique pouvait raboter les crêtes et la saturation d'un étage analogique aussi destructeur que la saturation numérique.

Sans doute aussi un effet de mode et d'habitude d'écoute un vinyle non massacré et remassacré peut paraître tout mou par rapport aux productions actuelles...

Me revient un article de l'audiophile dans le n°18 page 103 :


[Image: attachment.php?aid=45414]



joël

" Nous nous étions aperçus que les disques 45T. US sonnaient plus fort. C'est pourquoi nous voulions graver nos disques selon le même standard de qualité. "

Angel

[Image: 6264192655_74bc2b71a6_w.jpg]
" Liberty is an effort of the mind, rather than the arms."

Édouard René Lefèbvre de Laboulaye, 1876
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#28
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(05/05/2025-21:21:18)jsilvestre a écrit : ...

Me revient un article de l'audiophile dans le n°18 page 103 :
[Image: attachment.php?aid=45414]
[Image: attachment.php?aid=45415]

joël

Je ne sais pas qui signe cet article de l'Audiophile, mais couper les graves et les aigus n'est définitivement pas une bonne démarche de "standard de qualité".
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#29
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(06/05/2025-16:24:13)raoul a écrit : Je ne sais pas qui signe cet article de l'Audiophile, mais couper les graves et les aigus n'est définitivement pas une bonne démarche de "standard de qualité".
Interview de Gerhard Lehner :
http://6bm8.lab.free.fr/Documentations/R...ncont.html
Les mathématiques sont l'art de donner le même nom à des choses différentes. (Henri Poincaré)
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#30
RE: Le vinyle succombe à la Loudness War : plus que de simples dommages collatéraux!
(05/05/2025-22:44:05)raoul a écrit :
(05/05/2025-09:54:19)gillesni a écrit : ...
Tout ça pour dire qu’il faudra quand même qu’on m’explique par quel miracle la lecture d’un fichier, bon ou mauvais, converti en analogique pour être gravé sur un disque, puis lu sur une platine, même de grandes qualités, puisse être aussi bon que la lecture directe de ce même fichier par un système digital. 
...

peux-tu me (re)dire si la lecture de "Piuma" et "After the rain", en vinyle est moins bonne qu'en numérique ?
Il faudra que je les réécoute pour te répondre sérieusement.
Cordialement
Gilles

Mon système : de la musique, et quelques bricoles pour l'écouter...
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