Bonjour,
Il existe bon nombre de méthodes permettant de réaliser un ampli classe A au rendement amélioré. Parmi les plus connues : la classe A glissante, la classe A quadratique. La plupart du temps, avec ces solutions, le fonctionnement de la classe A est largement dégradé car le courant est modifié de manière non linéaire dans les transistors, et la disto s'envole ou son spectre voit arriver en force des harmoniques de rang élevé.
Je vous propose ici une nouvelle solution qui a le mérite de ne pas modifier les caractéristiques d'une classe A classique tout en apportant un gain de rendement pas loin d'un facteur 2.
Je lis régulièrement des brevets, pour le plaisir et pour ma veille techno, toutefois je ne sais pas si l'idée que je propose est vraiment nouvelle. Si vous pensez que ça existe déjà, vous me dites !
Dans un premier temps je vais vous présenter cette idée de design, ensuite on va voir comment implémenter ça dans un ampli sur un cas plus concret, en simu. Ensuite, pourquoi pas un petit projet concret pour la mise en pratique.
Donc d'abord, ma propale pour une classe A efficiente...
Voici un un schéma d'un ampli classe A. Ce sera le schéma de base de départ pour implanter la classe A efficiente.
Il donne exactement 30Wrms (60W crête) dans une charge de 8 ohms.
Les principaux points de fonctionnement sont décrits dans les mesures (au simulateur) ci-dessous :
- En haut : le sinus d'entrée et le signal de sortie à 30W ;
- Au milieu : le courant dans l'étage de sortie. Pour tenir les 30Wrms dans 8R, le courant de repos est fixé à 1.5A (valeur la plus basse possible) et on voit la courbe du sinus de courant dans un transistor de sortie (courant dans R9) ;
- En bas : la puissance dissipée dans l'étage de sortie pour ces 60W crête.
On voit qu'au repos (0V en sortie) la dissipation de l'étage de sortie est de 76W (38W par transistor de sortie Q5 et Q6).
Cette dissipation est P = Ic x Vce, pour chaque transistor.
Les paramètres fixant cette dissipation au repos sont donc le courant de repos et la tension d'alimentation. Pour diminuer la puissance dissipée au repos, il faudrait donc diminuer le courant de repos ou diminuer le Vce des transistors, c'est à dire diminuer la tension d'alimentation.
Concernant le courant de repos, on ne peut aller plus bas en statique sinon, on va quitter la classe A (voir courbe précédente où on voit qu'on frôle le zéro sur les crêtes). Les principales solutions connues modifient le le courant dynamique, avec comme résultat, le plus souvent, un dégradation du signal de sortie.
Concernant la tension d'alimentation, on a les points de fonctionnement suivants :
On voit que le signal de sortie navigue entre la tension de rail positif et la tension de rail négatif. Diminuer la tension d'alimentation statique va entraîner un écrêtage et nous n'aurons plus nos 60W crête. Il y a bien la classe H mais le procédé est généralement violent. Il semble donc qu'il n'y ait pas d'autres solution pour réduire cette tension d'alimentation.
Toutefois quand on regarde de plus près ces dernières courbes, si on considère maintenant que la charge est reliée à la sortie out et aussi à la masse, la tension à tout instant aux bornes de la charge ne dépasse jamais la tension d'un seul rail. Simplement il faut une tension d'alimentation totale double pour pouvoir gérer les crêtes positives et les crêtes négatives.
Si on fait simultanément bouger le potentiel du rail positif et celui du rail négatif en phase avec le signal de sortie, on peut alors réduire la tension totale d'alimentation de l'étage de sortie à la moitié de la valeur initiale sans que le signal ne soit écrêté.
La solution en image :
quelques explications :
- au repos (0V en sortie), les rails V+ et V- sont maintenant à la moitié de la tension d'avant : 13V au lieu de 26V. Et la tension d'alimentation totale n'est plus 26+26= 52 mais 13+13 = 26;
- sur les alternances positives, quand le signal de sortie augmente, la tension de rail V+ augmente de moitié pour passer de 13V à 24V à la crête en sortie. La tension de rail V- augmente aussi de moitié pour passer de -13V à -2V. A tout instant, la tension totale (V+)-(V-) est constante : 26 ;
- sur les alternances négatives, quand le signal de sortie diminue, la tension de rail V+ diminue de moitié pour passer de 13V à 2V à la crête en sortie. La tension de rail V- diminue aussi de moitié pour passer de -13V à -24V. A tout instant, la tension totale (V+)-(V-) est constante : 26.
Du point de vue des tensions d'alimentation, les opérations analogiques à mener, en dynamique comme en statique, sont en fait très simples :
V+ = 13V + V(out)/2
V- = -13 + V(out)/2
Voilà l'idée.
Le gain dans tous ça : comme la tension d'alimentation est divisée par deux, la dissipation totale passe de 76W à 38W, pour une même puissance de sortie.
La suite dans un prochain post avec un design de principe appliqué au schéma initial de l'ampli et quelques mesures.
Il existe bon nombre de méthodes permettant de réaliser un ampli classe A au rendement amélioré. Parmi les plus connues : la classe A glissante, la classe A quadratique. La plupart du temps, avec ces solutions, le fonctionnement de la classe A est largement dégradé car le courant est modifié de manière non linéaire dans les transistors, et la disto s'envole ou son spectre voit arriver en force des harmoniques de rang élevé.
Je vous propose ici une nouvelle solution qui a le mérite de ne pas modifier les caractéristiques d'une classe A classique tout en apportant un gain de rendement pas loin d'un facteur 2.
Je lis régulièrement des brevets, pour le plaisir et pour ma veille techno, toutefois je ne sais pas si l'idée que je propose est vraiment nouvelle. Si vous pensez que ça existe déjà, vous me dites !
Dans un premier temps je vais vous présenter cette idée de design, ensuite on va voir comment implémenter ça dans un ampli sur un cas plus concret, en simu. Ensuite, pourquoi pas un petit projet concret pour la mise en pratique.
Donc d'abord, ma propale pour une classe A efficiente...
Voici un un schéma d'un ampli classe A. Ce sera le schéma de base de départ pour implanter la classe A efficiente.
Il donne exactement 30Wrms (60W crête) dans une charge de 8 ohms.
Les principaux points de fonctionnement sont décrits dans les mesures (au simulateur) ci-dessous :
- En haut : le sinus d'entrée et le signal de sortie à 30W ;
- Au milieu : le courant dans l'étage de sortie. Pour tenir les 30Wrms dans 8R, le courant de repos est fixé à 1.5A (valeur la plus basse possible) et on voit la courbe du sinus de courant dans un transistor de sortie (courant dans R9) ;
- En bas : la puissance dissipée dans l'étage de sortie pour ces 60W crête.
On voit qu'au repos (0V en sortie) la dissipation de l'étage de sortie est de 76W (38W par transistor de sortie Q5 et Q6).
Cette dissipation est P = Ic x Vce, pour chaque transistor.
Les paramètres fixant cette dissipation au repos sont donc le courant de repos et la tension d'alimentation. Pour diminuer la puissance dissipée au repos, il faudrait donc diminuer le courant de repos ou diminuer le Vce des transistors, c'est à dire diminuer la tension d'alimentation.
Concernant le courant de repos, on ne peut aller plus bas en statique sinon, on va quitter la classe A (voir courbe précédente où on voit qu'on frôle le zéro sur les crêtes). Les principales solutions connues modifient le le courant dynamique, avec comme résultat, le plus souvent, un dégradation du signal de sortie.
Concernant la tension d'alimentation, on a les points de fonctionnement suivants :
On voit que le signal de sortie navigue entre la tension de rail positif et la tension de rail négatif. Diminuer la tension d'alimentation statique va entraîner un écrêtage et nous n'aurons plus nos 60W crête. Il y a bien la classe H mais le procédé est généralement violent. Il semble donc qu'il n'y ait pas d'autres solution pour réduire cette tension d'alimentation.
Toutefois quand on regarde de plus près ces dernières courbes, si on considère maintenant que la charge est reliée à la sortie out et aussi à la masse, la tension à tout instant aux bornes de la charge ne dépasse jamais la tension d'un seul rail. Simplement il faut une tension d'alimentation totale double pour pouvoir gérer les crêtes positives et les crêtes négatives.
Si on fait simultanément bouger le potentiel du rail positif et celui du rail négatif en phase avec le signal de sortie, on peut alors réduire la tension totale d'alimentation de l'étage de sortie à la moitié de la valeur initiale sans que le signal ne soit écrêté.
La solution en image :
quelques explications :
- au repos (0V en sortie), les rails V+ et V- sont maintenant à la moitié de la tension d'avant : 13V au lieu de 26V. Et la tension d'alimentation totale n'est plus 26+26= 52 mais 13+13 = 26;
- sur les alternances positives, quand le signal de sortie augmente, la tension de rail V+ augmente de moitié pour passer de 13V à 24V à la crête en sortie. La tension de rail V- augmente aussi de moitié pour passer de -13V à -2V. A tout instant, la tension totale (V+)-(V-) est constante : 26 ;
- sur les alternances négatives, quand le signal de sortie diminue, la tension de rail V+ diminue de moitié pour passer de 13V à 2V à la crête en sortie. La tension de rail V- diminue aussi de moitié pour passer de -13V à -24V. A tout instant, la tension totale (V+)-(V-) est constante : 26.
Du point de vue des tensions d'alimentation, les opérations analogiques à mener, en dynamique comme en statique, sont en fait très simples :
V+ = 13V + V(out)/2
V- = -13 + V(out)/2
Voilà l'idée.
Le gain dans tous ça : comme la tension d'alimentation est divisée par deux, la dissipation totale passe de 76W à 38W, pour une même puissance de sortie.
La suite dans un prochain post avec un design de principe appliqué au schéma initial de l'ampli et quelques mesures.
