(01/07/2026-11:24:55)ALTECMANIAC a écrit : C'est un forum (Melaudia) où il a longtemps été possible d'échanger, sans que quelqu'un n'essaie d'imposer ces vues de manière dictatoriale...
Certaines personnes, dont JMLC et d'autres, maitrisaient et utilisaient, les mesures, tout en en connaissant les limites; mais là où les choses se sont gâtées c'est l'avènement des moyens de mesures accessibles au plus grand nombre (REW...), c'est là qu'est arrivée toute une horde d'Objectivistes forcenés, traitant les audiophiles de ce forum de naïfs, pleins de croyances et aveuglés par le prix des éléments achetés à prix d'or, victimes de leurs biais cognitifs...
L'avènement de moyens de mesures accessibles à tous, comme REW, a surtout permis :
- d'élever drastiquement le niveau technique de ceux qui pratiquent ces mesures en quantifiant les phénomènes audio de toute nature (électronique, électroacoustique, acoustique)
- de régler parfaitement leur système, tant aussi bien des filtres mis en œuvre que le traitement acoustique (même léger) par leurs effets sur les mesures
- de démystifier les mythes audiophiles du courant ésotérique qui a pris naissance à la fin des années 80, comme le son des composants, le son des soudures, le son des circuits imprimés, le son des câbles et autres fadaises de ce genre.
L'opposition entre objectiviste et subjectiviste est dénuée de sens. L'opposition se situe entre les intégristes qui ne font pas de mesures (ils se caractérisent par ce point) et les autres.
Le tout mesure où le 50/50 mesures écoute n'a non plus aucun sens.
Oui, le micro est largement supérieur à l'oreille car il mesure précisément la pression de l'onde sonore avec une linéarité et une amplitude hors d'atteinte de l'oreille.
Toute différence perçue par l'oreille se constate dans les mesures. Aucun audiophile n'a été capable de contredire cette affirmation. Pour la contredire, il suffit qu'un seul audiophile, dans un seul test, montre qu'il perçoit des différences qui n'apparaissent pas dans les mesures. Je peux assurer que celui qui fera cette démonstration aura le prix Nobel.
Les subjectivistes intégristes pensent qu'un jour la science découvrira de nouvelles mesures ou, pire, modifiera les équations de l'acoustique pour expliquer les différences qu'ils perçoivent.
Une onde sonore se décrit complètement par deux variables indépendantes que sont la pression et la vitesse d'oscillation des particules d'air. Les équations fondamentales que l'on utilise aujourd'hui pour modéliser les haut-parleurs, les enceintes acoustiques, les microphones ou les salles de concert sont les mêmes depuis près de deux siècles. Les mesures réalisées aujourd'hui, avec des moyens infiniment plus précis qu'au XIXᵉ siècle, continuent de confirmer ces équations avec une très grande exactitude dans leur domaine de validité.
Alors, on peut toujours penser que la science découvrira une nouvelle grandeur à mesurer. Mais la science ne perd pas de temps à chercher cette grandeur inexistante car la balle n'est pas dans son camp. Elle est dans celui des subjectivités intégristes : la science attend la preuve que ces équations sont incomplètes (le prix Nobel dont je parlais précédemment…).
En réalité, les différences perçues par ces personnes n'existent pas dans le phénomène de perception mais sont créées par leur cerveau et constituent ce que l'on appelle un biais cognitif. Je sais, c'est dur à avaler pour certains… Le biais cognitif n'est pas à proprement parler une illusion. La personne entend bien une différence, cependant cette différence est une création du cerveau rendue nécessaire pour ne pas contredire les sens et qui dépend également du bagage de l'auditeur.
Évidemment, aucune de ces différences ne passe les tests en aveugle. Mais, les subjectivistes dénigrent les tests en aveugle par méconnaissance de cette méthode. On lui reproche d'être une commutation rapide entre deux équipements A et B. Mais rien n'oblige à la rapidité des comparaisons. La méthode ABX permet, comme son nom l'indique, de jouer A et de jouer B (donc des configurations connues) ou X (inconnue), autant de fois que nécessaire avec des intervalles de durée quelconque. La méthode impose seulement de dire si c'est A ou B quand vous jouez X.
Ce n'est pas pour autant qu'aucun progrès n'existe en audio et c'est tout l'objet de l'article de Lars Risbo récemment cité dans ce forum.
Le progrès vient de l'interprétation des mesures qui expliquent les différences perçues. Et, sur ce point, des progrès considérables ont été réalisés depuis les années 80-90, notamment en acoustique. Ceux qui en sont restés à la lecture de la revue L'Audiophile ont un train de retard.
Ajoutons que l'acoustique est le parent pauvre de l'audiophile. Celui-ci croit qu'en achetant le dernier filtre ou amplificateur il va transcender son système. Il n'en est rien.
On assiste dans les forums à des comptes rendus d'écoute avec une description détaillée du système audio écouté. Ces réunions sont bien sûr sympathiques car il est toujours intéressant de connaître des personnes qui partagent la même passion pour échanger.
Mais, à bien y réfléchir, ces comptes rendus ont peu d'intérêt. Dans la très grande majorité des cas, ce n'est pas le système que l'on écoute, mais la salle parce que le point d'écoute se trouve entièrement dans le champ réverbéré.
Prenez un même système, installez-le dans deux pièces différentes non traitées et vous aurez un son très différent.
C'est également la raison pour laquelle, dans ces conditions, on peut difficilement corréler le système au plaisir d'écoute.
Le changement de diamètre d'un haut-parleur, le changement d'un pavillon, le changement d'une fréquence de coupure ou de la pente d'un filtre ne se verront pas dans la mesure dans l'axe puisque celle-ci sera systématiquement recalée. Mais, elle aura des incidences sur les réponses hors axe qu'un amateur ne peut mesurer. Or la réponse globale en milieu réverbéré dépend fortement de la réponse hors axe.
On ne règle pas un système à l'oreille. L'écoute peut tout au plus ajuster la courbe cible. Quand on détecte un problème à l'écoute, on le résout avec des mesures.
Maintenant, Chacun fait (c'qui lui plaît, plaît, plaît)