Il y a 1 heure
RE: Tout est dit...
(Il y a 2 heures)RM8Kinoshita a écrit :Bonjour Anaël,(Hier-20:53:43)xtof a écrit :![]()
Bonjour à tous,
Je viens de visionner la dernière vidéo de Florent Garcia (bien connu pour ses analyses pédagogiques) intitulée "Pourquoi tout le monde adore le vinyle alors que c'est objectivement nul ?".
https://www.youtube.com/watch?v=9Shl6XXU7rE
Au-delà du titre provocateur, il soulève un point fondamental qui mérite que l'on s'y attarde : le numérique est aujourd'hui la base technique incontournable de la quasi-totalité de la production vinyle.
Voici les arguments qui montrent que le vinyle moderne est, par nature, un produit du numérique :
Le travail de Jean-François Wiorek sur son site MagicVinylDigital est à ce titre exemplaire. Ses analyses techniques (spectrogrammes, mesures de Dynamic Range - DR) montrent un paradoxe fascinant : le vinyle "sonne" souvent mieux parce qu'il impose une contrainte technique salutaire.
- La chaîne de production (DDA/DDT) : De l'enregistrement au mixage, 99 % des productions actuelles sont réalisées sous station de travail numérique (DAW). Même pour les rééditions, le passage par un transfert numérique haute résolution est devenu la norme pour restaurer les bandes et préparer le master de gravure.
- La gravure assistée par ordinateur : Lors de la gravure sur laque, les tours (lathes) modernes utilisent souvent des lignes de retard numériques (Digital Delay Lines). Cela permet d'analyser le signal quelques millisecondes avant que le burin ne touche la laque pour ajuster l'espacement des sillons en fonction de l'amplitude (surtout dans le grave).
- Le mastering correctif : Les limitations physiques du vinyle (distorsion de fin de disque, gestion des basses en mono via des "Elliptical EQ", gestion des sifflantes avec des de-essers) sont aujourd'hui traitées avec une précision chirurgicale grâce aux outils numériques de mastering avant même que le signal n'atteigne la tête de gravure.
- Le cas des fichiers Hi-Res comme source : Les maisons de pressage reçoivent généralement des fichiers 24 bits / 96 kHz ou 192 kHz. Le vinyle devient alors, techniquement, un convertisseur numérique-analogique passif en plastique.
Disons plutôt que les ingés-son devaient se contraindre à penser "pour le support", avec la notion de gêne que cela peut évoquer en termes de créativité.
On ne peut pas envoyer le son qu'on souhaiterait, puissant, avec des basses à niveau élevé par exemple, sauf exceptions
(mastering vinyle spécifiquement pensé pour, par exemple ceux que j'ai de Kiasmos où les sillons sont extra-larges avec un niveau de gravure important,
mais sans distorsion audible en bas ou cross-talk entre spires car les sillons sont vraiment très espacés, bien plus que sur les vinyles courants.)
Il ne faut pas oublier que sur le disque du chanteur XXX, il n'y a pas que sa "gueule" sur la pochette et sa voix prise avec un gros micro ... Tout le groupe qui joue avec lui est "mis en ondes" d'une certaine manière, son son a une "identité" qui est façonnée bien évidemment par les ingés-son en termes de présentation. Cette présentation est très différente de groupe à groupe, et même bien sûr (et surtout) en changeant d'époque. Donc, à mon avis, pour favoriser l'émergence musicale de styles et sonorités très variées, possiblement adaptées aux musiques d'aujourd'hui, la créativité à ce niveau ne devrait en principe être bridée en aucune manière.
https://www.youtube.com/watch?v=9Shl6XXU7rE
Je suis en train de visionner. C'est effectivement en mode "raccourci grand public", mais pour le moment je n'ai pas vu d'erreur ou de "niaiserie" qui serait dite par Florent Garcia.
Avant d'être un influenceur, c'est un musicien (c'est tout du moins ce que sa chaine YT laisse suggérer).
crdt.
Ton exemple sur Kiasmos est parfait. C'est la preuve par l'image (et l'oreille) que lorsque le support vinyle est utilisé à son plein potentiel — avec des sillons larges et espacés — il permet une restitution exceptionnelle. Mais comme tu le notes, cela reste une 'exception' qui demande un travail de gravure spécifique et limite la durée par face.
Je te rejoins sur l'idée que la créativité ne doit pas être bridée. Le problème que je soulignais, ce n'est pas la contrainte artistique, mais la contrainte de diffusion.
L'ingénieur du son devrait pouvoir façonner l'identité sonore du groupe sans avoir à se demander si cela va saturer un autoradio ou si le volume sera assez fort sur une playlist Spotify. Paradoxalement, le numérique offre une liberté totale (pas de problème de saut de sillon ou de largeur de spires), mais l'industrie l'utilise souvent pour 'brider' la dynamique via le mastering brickwall.
C'est là que je trouve la démarche de Florent Garcia saine : il vulgarise sans être 'niais', comme tu le dis, et rappelle que derrière chaque choix technique, il y a une intention musicale. Le fait qu'il soit musicien lui donne justement ce recul nécessaire pour ne pas tomber dans le dogme pur et dur.
Au plaisir d'échanger sur ces nuances entre 'identité sonore' et 'qualité de support'.
Christophe.

![[Image: Chaine-Garcia.png]](https://i.ibb.co/G4kBvkLG/Chaine-Garcia.png)