(30/11/2021-15:23:15)forr a écrit :(26/11/2021-10:19:19)jefourcade a écrit : Pour revenir au livre, un aspect intéressant et qui est parfaitement du domaine de la science concerne le calcul de probabilité. Dans le livre deux aspects probabilistes ont été abordés : le premier traite de la probabilité que les réglages fins des constantes de l'univers soit ceux qu'ils sont pour rendre l'univers viable le deuxième traite de la probabilité de l'apparition de la vie à partir de la matière inanimée.A propos de la probabilité de l'apparition de la vie à partir de la matière inanimée,
Les valeurs sont extrêmement faibles de l'ordre de 1 sur 10^120 dans le premier cas et 1 sur 10^40000 dans le second. Les sources sont citées dans le livre notamment celle de Chandra Wickramasinghe professeur de mathématique qui travaille sur l'origine de la vie (voir sa fiche wiki : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chandra_Wickramasinghe).
nombre de sources donnent une forte probabilité que cela se produise sur l'une des planètes des centaines de milliards de systèmes solaires appartenant à quelques 400 milliards de galaxies de l'univers observable ou à défaut non observable, estimé à deux millions de milliards de milliards de fois plus grand (chiffres donnés par Trinh Xuan Thuan).
Citation :Dans un livre publié avec F. Hoyle ils écrivent :Une intelligence dont le but du projet échappe totalement à l'une de ses créations, laquelle pense en avoir quelque peu héritée.
"La probabilité que la vie ait pu se former à partir de la matière inanimée correspond à un chiffre avec 40000 zéro avant le 1. Un chiffre assez petit pour enterrer Darwin et la totalité de la théorie de l'évolution. Il n'y a jamais eu de soupe primitive, ni sur cette planète ni sur quelconque autre. Et si les débuts de la vie n’étaient pas dus au hasard, ils sont donc certainement le produit d'une intelligence".
Sur ce thème,
Weinberg (citation) : "Plus on comprend l'univers, plus il nous apparaît vide de sens."
Spinoza, concepts orientaux : Dieu ne désigne pas un être supranaturel mais est synonyme du mot nature ou univers.
Ah si Dieu veut dire l’Univers ou la Nature, difficile de ne pas y croire. Et la question du sens ?
Du moment que l’univers regorge d’information et que nous y puisons de la connaissance et de l’émerveillement, nous ferions mieux de donner un sens à ce que fait l’humanité en ce moment avec ce qu’elle considère comme « sa » planète !
Posons par exemple cette question au philosophe Vladimir Poutine, qui ne vient pas à la COP 26 et la semaine d’après flingue un vieux satellite avec son dernier joujou, histoire de contribuer à rendre dangereuse la seule porte de sortie de la maison tout en refusant sa part de responsabilité et de lutte active contre la propagation du feu qu’il continue à alimenter dans la cuisine…
Sur le reste du sujet:
Pour commencer, une remarque sur les échelles de l’Univers.
https://www.dropbox.com/s/cxp02ats1gv4w5...r.JPG?dl=0
On a 60 ordres de grandeur entre la constante de Planck et le diamètre de l’Univers.
Proba de 10^(-120)
C’est la chance de taper une particule hypothétique de 10^(-35) m sur un carré de 10^25 m de côté. Pas gagné aux fléchettes…
Sans que ce soit mon domaine professionnel, j’ai écrit précédemment que faire de la statistique combinatoire sur les réglages fins des constantes des lois fondamentales, part de l’hypothèse que ces constantes ne sont pas reliées, et c’est une hypothèse ultra-forte.
La probabilité de jeter un dé avec le 6 au-dessus et le 1 au-dessous est de 1/6. Si on n’a pas remarqué que les deux faces sont opposées, on trouve qu’il faut deux expériences indépendantes et du coup cette probabilité est de 1/36… On a combien de dés dans le calcul en question ?
Lorsqu’on aura une théorie unifiée (relativité générale avec la gravitation et théorie quantique), il serait logique que bien davantage de ces constantes deviennent dépendantes les unes des autres, on pourra alors oublier l’hypothèse et les résultats des calculs de probabilités qui vont avec. Ca bouge dans ce domaine, l’article tout récent de Scientific American cité précédemment, qui parle d’une théorie quantique de la gravitation en cours d’examen mais qui déjà pourrait tordre le cou à ces bizarreries que sont la matière noire inobservable et l’énergie négative, qui doivent être introduites dans le modèle actuel pour expliquer les observations.
Proba de 10^(-40 000) cf la remarque sur le -120, calculé par un être qui pourtant est vivant - comme quoi le ridicule ne tue pas !

Je ne sais pas s’ils ont intégré la chance d’exister dans un univers stable dans ce chiffre monstrueux…
Ces calculs aboutissant à des probabilités extraordinairement petites également pour l’apparition de la vie, sont également des extrapolations et encore, des produits de probabilités indépendantes. Ces calculs décourageants sont assez anciens. Je crois me souvenir que lorsque de tels chiffres ont été sortis, on n’avait encore prouvé la présence d’aucune exoplanète.
Aujourd’hui les méthodes et les outils d’observation indirecte se sont raffinés et il pleut littéralement des exoplanètes, on n’a vu au départ que les géantes gazeuses mais on va voir de plus en plus des planètes rocheuses semblables à la Terre (si tant est que les conditions terrestres soient vraiment les seules dans lesquelles la vie peut se former). Et si les mécanismes conduisant à l’apparition de la vie dans une certaine plage de conditions de température, pression, radiation et stabilité, étaient aussi liés entre eux, que ceux qui semblent lier l’apparition d’une étoile à celle d’un cortège de planètes ? Enfin, comme déjà dit, en l’absence (ou sans préservation jusqu’au présent) d’observation du mécanisme conduisant de la non-vie à la première matière vivante, comment formuler une hypothèse sur sa probabilité d’apparition ? On a un seul constat, c’est que la vie existe à foison sur cette planète, depuis très très longtemps, et qu’elle a survécu plusieurs fois à l’extinction, en évoluant et en se diversifiant énormément.
Conclusion, non seulement ces chiffres mais aussi l’hypothèse d’indépendance, sont plus que discutables. Les probabilités changent du tout au tout si on considère des mécanismes liés, accrétifs et cumulatifs, qui peuvent conduire à des probabilités bien plus crédibles que de dire: je viens de calculer que je n’ai aucune chance d’être vivant dans un univers déjà complètement improbable ?????
Sur ces deux sujets, rappelons qu’on a plus progressé, historiquement, en sciences, en considérant que notre position d’observation était ordinaire, qu’en nous mettant sur un piédestal. Un piédestal extrèmement pointu, pour le coup.

Alors, comme disait l’autre, devant l’infini, mieux vaut être prudent !
Cordialement,
Christian
