27/12/2019-14:41:44
(Modification du message : 27/12/2019-15:06:44 par folkdeath95.)
RE: [split encore] EAC pochettes - de l'intérêt de la démat
Comme le dit Raoul, il est intéressant de lire le rapport de chacun à la démat' (en évitant les invectives genre "ridicule").
Pour ma part, j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les problèmes soulevés par le streaming liés à la rétribution des artistes (j'ai d'ailleurs posté des liens que je trouve intéressants à ce sujet).
C'est une chose à laquelle nous devrions tous faire attention, mais, en plus, je crois que je suis tout simplement trop matérialiste pour le futur dématérialisé que la technologie et les multinationales du web nous promettent.
Il y a une douzaine d'années, j'ai commencé à m'intéresser à la démat' en lisant l'expérience d'un forumeur sur le Vert qui venait de s'équiper d'un disque dur multimédia (un truc aujourd'hui disparu, je crois) sur lequel il avait rippé ces CD et qu'il reliait à son convertisseur. Ca m'a paru tentant donc j'y ai réfléchi, commencé à me renseigner sur les appareils et je me suis rendu que je n'avais pas envie de virer mes disques ni de passer par une interface informatique pour écouter de la musique.
Cela ne concerne pas que la musique: je ne me vois pas vivre dans une maison sans mes livres et mes BD (ni mes disques, évidemment). Ces objets sont, en quelque sorte, une part de nous ou, tout du moins, une part de nos vies, de notre histoire. Ils nous racontent en partie, en les regardant, en les écoutant, en les lisant, c'est à différentes périodes de sa vie qu'on peut avoir accès. Quand je vais chez quelqu'un j'aime beaucoup regarder les livres et les disques (pour les disques, ça devient difficile). Je pourrais regarder un historique Qobuz, mais il ne raconte pas la même chose, amha (j'y reviendrai). Il y a quelques années, je me suis d'ailleurs mis à acheter (et relire) pas mal de bouquins de SF qui j'empruntais à la bibliothèque quand j'étais ado (ce qu'on pourrait comparer vaguement à du streaming) parce que c'étaient des livres importants pour moi et que je pensais qu'ils avaient leur place sur mes étagères. En ce moment, j'achète aussi des disques des 90's entendus chez les copains ou possédés à l'époque sur des compils maison sur K7 et qui m'ont fortement marqués.
Cela ne m'empêche pas, loin de là, de suivre l'actualité musicale et d'acheter des nouveautés.
D'autres part, je trouve que le streaming (qui est, à la base, la solution que l'industrie musicale a trouvée pour répondre au fait que le public ne voulait plus payer pour la musique) répond bien à la volonté actuelle d'avoir tout, tout de suite sans se poser plus de questions que ça. Tout est à portée d'un clic, mais tout devient superficiel. On se laisse conseiller par des algorithmes, on se fait des playlists avec des trucs qu'on écoute à peine, on connait plein de choses, mais en surface.
Vu que je n'ai pas des moyens illimités, je suis obligé de choisir les disques que je vais acheter et, comme chacun sait, tout choix est un renoncement. Donc je lis, je me laisse influencer par mon cerveau et ses critères parfois tordus (Tiens, la chanteuse est mignonne/ Ah, ils aiment tel groupe que j'aime bien aussi/Intéressant, ils sont comparés à untel/ Ce groupe raconte des choses intéressantes en interview, ça vaut peut-être le coup de d'y jeter une oreille, etc..). Après j'écoute et je trie, parce que des fois, j'aurais bien envie de tout acheter, mais je ne peux pas. Et ça m'oblige à renoncer à certains disques, un peu moins biens que d'autres mais qui me tentaient quand même. Ce n'est pas forcément facile, de renoncer, la société actuelle nous pousse plutôt à vouloir tout. Ca n'en donne que plus de "valeur" aux autres. Je sais pourquoi ils sont sur mes étagères, ça n'est pas juste le résultat d'un clic suite à la recommandation d'un algorithme.
Je n'ai pas envie de faire rentrer ma chaine hifi dans la course à l'obsolescence du monde de l'informatique dans lequel il y a tous les 6 mois un truc tout beau tout neuf qui vient enterrer la génération d'avant. Ma platine vinyle a mon âge (42 ans), mon lecteur CD, 17 et mon DAC, environ 25. Par les temps qui courent, où l'on commence à se rendre compte des soucis posés par la surconsommation, ça peut aussi jouer, parce que je ne suis pas certains que les NAS, streamer, ponts optiques, switchs et autres joyeusetés auront le même genre de durée de vie (même si j'admets que ça n'est pas mon argument principal et que mes disques deviendront peut-être un jour des déchets).
Ceci dit, je ne rejette pas totalement la démat'. Je suis bien content des possibilités de découvertes qu'elle permet, Youtube ou Bandcamp m'évitent les achats à l'aveugle que je pouvais faire auparavant (même si, à bien y réfléchir, ça avait aussi son charme). Je l'utilise aussi pour le côté nomade. Tout matérialiste que je sois, un téléphone gavé de fichier, c'est quand même plus pratique qu'un discman et quelques CD dans un Caselogic.
Bien entendu, je suis du côté des perdants car, à terme, c'est bien la démat' qui s'imposera. J'espère juste qu'il restera suffisamment de tordus comme moi pour continuer à acheter des livres et des disques et, surtout, des gens encore plus allumés pour les faire. Parce que ça serait moche que la seule chose que notre société ait à léguer soit des data-center et des playlists Deezer.
Désolé d'avoir été aussi long.
Pour ma part, j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les problèmes soulevés par le streaming liés à la rétribution des artistes (j'ai d'ailleurs posté des liens que je trouve intéressants à ce sujet).
C'est une chose à laquelle nous devrions tous faire attention, mais, en plus, je crois que je suis tout simplement trop matérialiste pour le futur dématérialisé que la technologie et les multinationales du web nous promettent.
Il y a une douzaine d'années, j'ai commencé à m'intéresser à la démat' en lisant l'expérience d'un forumeur sur le Vert qui venait de s'équiper d'un disque dur multimédia (un truc aujourd'hui disparu, je crois) sur lequel il avait rippé ces CD et qu'il reliait à son convertisseur. Ca m'a paru tentant donc j'y ai réfléchi, commencé à me renseigner sur les appareils et je me suis rendu que je n'avais pas envie de virer mes disques ni de passer par une interface informatique pour écouter de la musique.
Cela ne concerne pas que la musique: je ne me vois pas vivre dans une maison sans mes livres et mes BD (ni mes disques, évidemment). Ces objets sont, en quelque sorte, une part de nous ou, tout du moins, une part de nos vies, de notre histoire. Ils nous racontent en partie, en les regardant, en les écoutant, en les lisant, c'est à différentes périodes de sa vie qu'on peut avoir accès. Quand je vais chez quelqu'un j'aime beaucoup regarder les livres et les disques (pour les disques, ça devient difficile). Je pourrais regarder un historique Qobuz, mais il ne raconte pas la même chose, amha (j'y reviendrai). Il y a quelques années, je me suis d'ailleurs mis à acheter (et relire) pas mal de bouquins de SF qui j'empruntais à la bibliothèque quand j'étais ado (ce qu'on pourrait comparer vaguement à du streaming) parce que c'étaient des livres importants pour moi et que je pensais qu'ils avaient leur place sur mes étagères. En ce moment, j'achète aussi des disques des 90's entendus chez les copains ou possédés à l'époque sur des compils maison sur K7 et qui m'ont fortement marqués.
Cela ne m'empêche pas, loin de là, de suivre l'actualité musicale et d'acheter des nouveautés.
D'autres part, je trouve que le streaming (qui est, à la base, la solution que l'industrie musicale a trouvée pour répondre au fait que le public ne voulait plus payer pour la musique) répond bien à la volonté actuelle d'avoir tout, tout de suite sans se poser plus de questions que ça. Tout est à portée d'un clic, mais tout devient superficiel. On se laisse conseiller par des algorithmes, on se fait des playlists avec des trucs qu'on écoute à peine, on connait plein de choses, mais en surface.
Vu que je n'ai pas des moyens illimités, je suis obligé de choisir les disques que je vais acheter et, comme chacun sait, tout choix est un renoncement. Donc je lis, je me laisse influencer par mon cerveau et ses critères parfois tordus (Tiens, la chanteuse est mignonne/ Ah, ils aiment tel groupe que j'aime bien aussi/Intéressant, ils sont comparés à untel/ Ce groupe raconte des choses intéressantes en interview, ça vaut peut-être le coup de d'y jeter une oreille, etc..). Après j'écoute et je trie, parce que des fois, j'aurais bien envie de tout acheter, mais je ne peux pas. Et ça m'oblige à renoncer à certains disques, un peu moins biens que d'autres mais qui me tentaient quand même. Ce n'est pas forcément facile, de renoncer, la société actuelle nous pousse plutôt à vouloir tout. Ca n'en donne que plus de "valeur" aux autres. Je sais pourquoi ils sont sur mes étagères, ça n'est pas juste le résultat d'un clic suite à la recommandation d'un algorithme.
Je n'ai pas envie de faire rentrer ma chaine hifi dans la course à l'obsolescence du monde de l'informatique dans lequel il y a tous les 6 mois un truc tout beau tout neuf qui vient enterrer la génération d'avant. Ma platine vinyle a mon âge (42 ans), mon lecteur CD, 17 et mon DAC, environ 25. Par les temps qui courent, où l'on commence à se rendre compte des soucis posés par la surconsommation, ça peut aussi jouer, parce que je ne suis pas certains que les NAS, streamer, ponts optiques, switchs et autres joyeusetés auront le même genre de durée de vie (même si j'admets que ça n'est pas mon argument principal et que mes disques deviendront peut-être un jour des déchets).
Ceci dit, je ne rejette pas totalement la démat'. Je suis bien content des possibilités de découvertes qu'elle permet, Youtube ou Bandcamp m'évitent les achats à l'aveugle que je pouvais faire auparavant (même si, à bien y réfléchir, ça avait aussi son charme). Je l'utilise aussi pour le côté nomade. Tout matérialiste que je sois, un téléphone gavé de fichier, c'est quand même plus pratique qu'un discman et quelques CD dans un Caselogic.

Bien entendu, je suis du côté des perdants car, à terme, c'est bien la démat' qui s'imposera. J'espère juste qu'il restera suffisamment de tordus comme moi pour continuer à acheter des livres et des disques et, surtout, des gens encore plus allumés pour les faire. Parce que ça serait moche que la seule chose que notre société ait à léguer soit des data-center et des playlists Deezer.
Désolé d'avoir été aussi long.
CD: Sphinx Myth9 MkII+Parasound DAC2000/ LP: Technics SP10 MkII+Schröder 2+Phasemation PP500/ Transfo: Sculpture A/ Pré-phono: Audionet PAM/Pré: Firstwatt B1 DIY/Ampli: Firstwatt AlephJ DIY/HP: Petite Onken+Altec 414-8B+Faital HF10AK+Audio Pavillon MA600.
